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28.04.2008

INTEGRISME ET CREATIONNISME

 

Un autre trait de caractère amusant fort présent chez nos amis intégristes est qu’ils sont convaincus que le monde et la vie ont été créés il y a 6000 ans par un vieillard à la longue et soyeuse barbe blanche de ses petites mains. Quelle belle et pittoresque image, si elle ne reflétait une profonde arriération…

Ainsi, on peut lire le 11/10/07 sur le blog d’Yves Daoudal, un blogger « réactionnaire » : 

« Dieu créa donc les grands poissons, et tous les animaux qui ont la vie et le mouvement, que les eaux produisirent chacun selon son espèce; et Il créa aussi tous les oiseaux selon leur espèce. Dieu dit aussi: Que la terre produise des animaux vivants chacun selon son espèce, les animaux domestiques, les reptiles et les bêtes sauvages de la terre selon leurs espèces. Et cela se fit ainsi. Dieu fit donc les bêtes sauvages de la terre selon leurs espèces, les animaux domestiques et tous les reptiles, chacun selon son espèce. Et Dieu vit que cela était bon. »

(http://yvesdaoudal.hautetfort.com/archive/2007/10/11/a-pr...)

Ainsi, les animaux aquatiques sont apparus en même temps que les animaux terrestres et les oiseaux, mon gros chat qui dort toute la journée en même temps que les autres félins et les dinosaures ont été contemporains des hommes… 

Darwin ? De la blague ! La datation au carbone 14 ? Connais pas !

Il est à noter que ce fût l’indignation générale lorsque la Commission Européenne déclara que seul le darwinisme pouvait être enseigné à l’école, résolution qui fût qualifiée de diktat (sic). Ainsi, le darwinisme est un « dogme » (re-sic) et on place une lecture littérale de la Bible sur le même plan qu’une théorie scientifique largement étayée. 

(http://yvesdaoudal.hautetfort.com/archive/2007/10/05/le-d...)

 

Ils déclarent également, sans rire, que l’évolutionnisme a engendré les monstruosités de 20 ème siècle telles que le nazisme et le stalinisme et, tant qu’à faire, que le mythe du surhomme de Nietzsche, qu’ils considèrent comme un concept évolutionniste, a donné lieu à la Shoa…Bref, ils ne reculent devant aucun raccourci, aussi énorme soit-il.

Ainsi, les seuls arguments des créationnistes sont du niveau « les évolutionnistes sont méchants » ou alors ils pointent le doigt sur les failles ou les lacunes de la théorie    (notamment le développent de l’œil qui ne trouve pas d’explication complète), alors que toutes les théories scientifiques en recèlent et ceci n’infirme en rien la théorie dans son ensemble. 

Il apparaît donc, qu’au lieu d’essayer de démontrer leur « théorie », ce qui est évidemment infaisable, ces esprits pré-coperniciens n’ont d’autre recours que de tenter très maladroitement de récuser la seule théorie scientifique digne de ce nom.

On pourrait s’attendre à de telles inepties de la part de rustres vivant dans le fin fond de l’Afghanistan mais il s’agit de propos tenus en France, par des gens visiblement instruits, au 21 ème siècle. 

Cela dit, on s’aperçoit assez vite qu’une fois sortis de leurs bondieuseries, ces ennemis de la science et du progrès semblent assez ignorants, et leurs lectures sont très souvent le fait d’auteurs encore plus atteints qu’eux. 

Mais soyons indulgents avec eux, après tout, ils ne descendent pas du singe.

Mais sans doute d’un animal beaucoup moins évolué…

14.04.2008

LA « CULTURE DE MORT »

 

Autre concept fallacieux, après « la loi naturelle », utilisé par les intégristes chrétiens pour tenter d’imposer leur maladie aux autres : la «culture de mort ».

 

C’est sous ce consternant vocable qu’ils classent la contraception, l’avortement et l’euthanasie, ainsi que l’homosexualité.

 

Ainsi, la contraception, qui permet de séparer la sexualité de sa fonction reproductrice, est jugée comme une abomination, de ce simple fait. En effet, ces braves gens qui ne forniquent que dans les liens sacrés du mariage et afin de perpétuer leurs gènes ne peuvent concevoir que l’on s’adonne au pêché de la chair pour le plaisir, et surtout pas pour procréer. Ou plutôt, ils peuvent le concevoir, mais le sentiment de culpabilité si bien ancré dans le missel qui leur sert de cerveau le leur interdit. Ils stigmatisent donc jalousement les gens saints d’esprit, étant incapables de participer à la plus étincelante  expression de la vie qu’est la sexualité. 

 

De même, ces bonnes âmes assimilent, non sans un certain cynisme dont ils ne sont même pas conscients, l’avortement à un génocide légal (sic) et, qui plus est, payé par le contribuable, c’est peut-être ce qui les révolte le plus. Ainsi, ils préfèrent voir une gamine de 16 ans, à moitié débile, mettre bas d’un futur assisté social qu’elle sera incapable d’élever, et qui, à son tour, engendrera des inadaptés, plutôt que de voir cette pauvre fille se faire logiquement avorter, pour le bien de tous. En outre, il ne leur vient même pas à l’idée que cette grossesse indésirée compromet d’autres grossesses, désirées celles-là, et que cette fille sera bien mieux à même d’élever des enfants quelques années plus tard. Non ! Surtout, éviter de commettre un « infanticide prénatal » ! Quelles qu’en soit les conséquences. Voir à ce sujet le magnifique exemple de la Roumanie de Ceausescu, où l’avortement était strictement interdit, avec pour conséquence des milliers d’enfants abandonnés et livrés à eux-mêmes, devenus aujourd’hui adultes, et qui causent un véritable problème de sécurité.

 

Toujours dans la même « logique » de refuser le progrès et la capacité de l’homme à s’émanciper des contingences naturelles, ces esprits pré-newtoniens s’insurgent également contre l’euthanasie, on s’en doutait. Voir à ce sujet le délire occasionné par la récente affaire Chantal Sébire en France. Là encore, les grenouilles de bénitiers s’invitent dans la sphère la plus intime d’une personne qui leur est totalement étrangère et se permettent de prétendre savoir ce qui est bon pour elle. Sans manifester, naturellement, aucune compassion pour la souffrance que cette dame a enduré pendant des années, seul importe le respect de leurs principes d’un autre âge.

 

Enfin, concernant les « unions contre-nature », là non plus, on ne comprend pas en quoi cela les concerne. En effet, alors qu’ils érigent la chasteté en valeur suprême, ils semblent cependant forts préoccupés par ce qui se passe dans le lit d’autrui. On devine aisément que ce qui les révulse est justement le fait d’une sexualité intrinsèquement non orientée vers la reproduction. Si en plus les gens coupables de cette immonde forfaiture sont de même sexe, ça achève de troubler leur raison déjà chancelante…

 

Si encore ces extrémistes se contentaient de s’infliger à eux-mêmes leurs principes, sans désir de les voir s’appliquer à tous, soit. On ne peut en effet soigner les gens contre leur gré. Mais c’est qu’ils cherchent à les imposer subrepticement. 

 

Par exemple, dans son affligeante allocution au congrès des pharmaciens catholiques, le 29/10/07, le non moins affligeant Benoît XVI a déclaré :

« Il n’est pas possible d’anesthésier les consciences, par exemple sur les effets de molécules ayant pour but d’éviter la nidation d’un embryon ou d’abréger la vie d’une personne. Le pharmacien doit inviter chacun à un sursaut d’humanité, pour que tout être soit protégé depuis sa conception jusqu’à sa mort naturelle, et que les médicaments remplissent véritablement leur rôle thérapeutique. (...) Dans le domaine moral, votre Fédération est invitée à affronter la question de l’objection de conscience, qui est un droit qui doit être reconnu à votre profession, vous permettant de ne pas collaborer, directement ou indirectement, à la fourniture de produits ayant pour but des choix clairement immoraux, comme par exemple l’avortement et l’euthanasie. »

Ainsi, la plus haute autorité de l’Eglise catholique invite des professionnels à ne plus remplir leur rôle, à enfreindre la loi, à imposer leurs vues à leurs clients.

Ceci a été applaudi dans les milieux les plus atteints, alors que c’est proprement scandaleux, clairement totalitaire, et qu’il s’agit d’une ingérence inadmissible dans la sphère temporelle.

Alors que ces esprits dérangés ne cessent de fustiger, à raison, l’arriération et l’intransigeance de l’intégrisme musulman, ils démontrent qu’ils ne valent guère mieux et qu’ils représenteraient, eux aussi, un véritable danger pour nos libertés, s’ils n’étaient pas, fort heureusement, en voie d’extinction…

 

11.04.2008

DE L’INSANITE DE LA RELIGION

 

Ciment social pour Rousseau, opium du peuple pour Marx, insulte à l’intelligence ou maladie mentale pour Cyrille GALLION dans « La Peste monothéiste », suicide intellectuel pour Jean-Paul GOUTEAUX dans « Apologie du blasphème », la religion reste une source intarissable de controverses.

 Si le progrès scientifique et technique et l’augmentation du niveau moyen d’instruction ont permis de faire reculer ce fléau, il n’en reste pas moins qu’une bonne proportion de la population, même dans un pays développé comme la Belgique, est toujours cruellement touché par cette déficience mentale.

Loin de moi l’idée de fustiger ceux qui vivent leur infirmité -pardon, leur foi- dans la sphère privée, dans le respect de la santé mentale d’autrui, ces pauvres hères étant plutôt à plaindre qu’à blâmer. 

Il s’agit davantage d’attirer l’attention sur une minorité, composée d’individus en phase terminale, qui voudraient contaminer l’humanité entière, pour son bien naturellement, car, eux, n’est-ce pas, vivent dans la Lumière et détiennent la Vérité. 

Le phénomène n’a d’ailleurs fait que s’aggraver avec la venue d’un nouveau vecteur de la maladie -pardon, d’un nouveau pape, Benoît XVI-, ou plutôt, on assiste à un double mouvement. D’une part, les malades les moins atteints recouvrent une partie de leur raison et, d’autre part, les plus atteints développent encore d’autres symptômes, comme l’exigence de la messe en latin ou que le créationnisme soit reconnu au même titre que l’évolutionnisme. A ce propos, la récente ordonnance de la Commission Européenne (octobre 2007, il était temps) qui interdit que le créationnisme soit présenté comme scientifique et enseigné à l’école a déclenché l’ire dans les maisons de santé -pardon, milieux intégristes, mais c’est encore pire, la guérison étant moins probable- et s’est vue qualifiée de totalitaire ou fasciste.

Les malades invoquent, pour justifier leur désir de contaminer le monde, le concept de « loi naturelle », imposture intellectuelle servant à tenter de justifier l’injustifiable. 

Ainsi, Benoît XVI, citant le catéchisme de l'Église Catholique, dans son discours du 05/10/07, tente d’expliquer pourquoi la loi naturelle serait universelle (sic) :

"Cette loi est dite naturelle non pas en référence à la nature même des êtres irrationnels, mais parce que la raison qui l'édicte appartient en propre à la nature humaine" (n. 1995)."

Et, plus loin : "la juste raison, (...) est une participation à la Raison éternelle de Dieu."

Nous voilà donc atteints nous aussi, sous prétexte que, paradoxalement, nous disposons, pour notre part, d’une raison. Autrement dit, la « loi naturelle » est édictée par la raison, qui est le propre de la nature humaine, qui, elle-même, participe « à la Raison éternelle de Dieu ». De cette manière, c’est la raison qui fait le lien entre cette « loi naturelle » et Dieu, vieillard bienveillant à la longue et soyeuse barbe blanche. Une remarque s’impose d’emblée : comment peut-on citer la raison pour tenter de démontrer de telles billevesées ?

Enfin, le bouquet final :

« La loi naturelle devient ainsi la véritable garantie offerte à chacun pour vivre libre et respecté dans sa dignité et à l'abri de toute manipulation idéologique et de toute décision arbitraire ou d'abus du plus fort. Personne ne peut se soustraite à cet appel. »

C’est encore plus fort : cette « loi naturelle », fondée sur la raison qui est « une participation à la Raison éternelle de Dieu » garantit de « vivre libre et respecté dans sa dignité…». Arrêtons-nous là pour l’instant, c’est déjà tellement énorme. Si l’on comprend bien, c’est donc Dieu qui permet de vivre libre et dignement…Alors que des millions d’enfants ont été traumatisés par une éducation religieuse intransigeante et mortifère et ce n’est malheureusement pas (encore) terminé, alors que la religion a permis l’exploitation coloniale de l’Afrique et de l’Amérique Latine, et la conversation forcée des indigènes animistes.

Ensuite, toujours plus fort : « à l'abri de toute manipulation idéologique et de toute décision arbitraire ou d'abus du plus fort. » Là encore, c’est consternant. Comment peut-on, quand on est aussi instruit que ce sinistre personnage, pondre de telles inepties ? Il n’y a eu, depuis la nuit des temps, de pire manipulation que la religion, outil à la solde du pouvoir, quand ce n’était pas le pouvoir lui-même. Quant aux « décisions arbitraires » et « abus du plus fort », là non plus, ce ne sont pas les exemples qui manquent. Inutile de remonter jusqu’à l’Inquisition, pensons seulement au soutien inconditionnel apporté aux récentes dictatures sud-américaines ou à l’Espagne fasciste de Franco, du moins, jusqu’à ce que ça commence à sentir le roussi, naturellement.

Et pour conclure, toujours crescendo : « Personne ne peut se soustraite à cet appel. » C’est dit, aussi péremptoirement que cela, nous n’avons pas le choix, même nous qui sommes saints d’esprit.

Bref, comme on le voit, cette fameuse « loi naturelle » est une belle entourloupe visant à faire rentrer tout le monde dans le troupeau, même ceux qui n’ont rien à y faire et contre leur gré. Cela est à l’image du tissu de fariboles qu’elle est supposée appuyer.

Grâce à ce « concept », la religion, chrétienne dans ce cas de figure, se pare d’un caractère universel, touchant chaque homme, malade ou non, atteint de la cette maladie ou d’une autre.

Il n’y a évidemment aucune morale naturelle puisqu’il n’y a qu’une morale, la morale humaine. A ce titre, elle est donc culturelle et non naturelle et, par conséquent, relative et en évolution.

Comme le dit si bien Jean-Paul GOUTEAUX, il est urgent de fonder une « morale humaine » totalement affranchie de ces fumisteries et « n’ayant plus de compte à rendre à une transcendance illusoire ».

Pour conclure, je ne résiste pas à citer Patrick DECLERCK, qui s’exprimait dans le Monde lors de l’affaire Robert Redeker,  « après Nietzsche et Freud il est difficile à un lettré de considérer autrement le fait religieux que comme une béquille métaphysique à l'usage des esprits épuisés que l'inéluctabilité de la mort et l'horreur de la corruption des corps effraient au-delà de ce que leur faiblesse peut supporter. »

On ne saurait mieux dire…

             

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