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19.05.2008
CA EXISTE ENCORE...
Voici ce que l’on peut trouver, en 2008, sur le consternant site http://www.reformechretienne.org/vision.html, site d’évangélistes chrétiens. (Les passages les plus édifiants sont en gras et italiques).
« LA VISION
Les chrétiens doivent être préparés à la persécution et à l'enlèvement de l'Eglise. L'Evangile doit être annoncé à tous. C'est pour répondre à ces deux exigences, pour permettre l'accomplissement de la Parole de Dieu que l'Alliance des Nations pour Jésus-Christ a été créée. L'ANJC exerce son activité dans plusieurs domaines.
L'EVANGELISATION
Jésus-Christ ordonne aux disciples d'aller, et de faire de toutes les nations des disciples en Matthieu 28:19-20.
C'est à cet ordre du Seigneur que l'ANJC veut répondre en s'impliquant activement dans l'Evangélisation.
[ Ainsi, à l’instar des musulmans qu’ils ne cessent de montrer du doigt, entre autre, pour cette raison, les intégristes chrétiens prônent un prosélytisme actif, l’évangélisation des âmes encore saines. ]
C'est pourquoi, des programmes visant la diffusion de la Parole sont régulièrement organisés pour "prêcher la bonne nouvelle à toute la création" selon Marc 16 :15.
[ Donc, selon Marc des « Sites Internet, K7, CD, DVD, DivX » sont créés pour enfoncer dans le crâne des futures victimes la bonne parole. ]
L'ANJC dispose également d'un service de production qui permet d'utiliser tous les médias existant pour le témoignage de l'Evangile (sites Internet, K7, CD, DVD, DivX, livres). Trois livres ont déjà été édités par le service Edition de l'ANJC Productions. Ainsi, une palette de prestations est proposée aux différentes organisations chrétiennes.
LA FORMATION
La Bible nous enseigne que les disciples persévéraient dans l'enseignement des apôtres (Actes 2 v 42). Aussi, les âmes gagnées au Seigneur doivent-elles recevoir des enseignements bibliques.
[ Toute âme « gagnée » est appelée à son tour à en gagner d’autres…c'est un peu le principe de la vente pyramidale. ]
L'ANJC met particulièrement l'accent sur la formation des chrétiens désireux de répondre à l'appel du Seigneur. Des écoles bibliques sont donc régulièrement mises en place. En effet, tous les ans au mois d'août et de décembre des sessions de formations bibliques sont organisées en région parisienne et ailleurs. De plus, une école biblique est en train d'être mise en place en Côte-d'Ivoire.
[ A ce dessein, des centres de formation sont ouverts, jusqu’en Côte d’Ivoire, où le personnel est plus facile à recruter. ]
Le chrétien doit ressembler à son Maître conformément à la parole de Jésus :
" Si vous portez beaucoup de fruit, c'est ainsi que mon Père sera glorifié, et que vous serez mes disciples. " (Jean 15 : 8).
Cette formation prépare les chrétiens à répondre à l'appel du Seigneur. Plus de cinquante prédicateurs ont été formés au sein de l'ANJC en sept ans d'existence.
[ Soit en moyenne seulement 7 par an…tout n’est pas perdu. ]
LA MISSION
* Aujourd'hui, il existe encore des contrées où l'Evangile n'est pas annoncé, des lieux où il n'existe pas d'église locale de réveil. Un travail de missionnaire s'impose ! C'est au regard de cette réalité que des missionnaires sont régulièrement envoyés. En évangélisant, en enseignant et en exhortant ; ils vont à la rencontre de ceux qui souffrent.
[ L’un des tout meilleurs passages : il existe encore des lieux non contaminés, « où il n’existe pas d’église locale de réveil » (sic). Il semble au contraire que les église aient pour but de chanter des berceuses…Les missionnaires vont donc « à la rencontre de ceux qui souffrent », c’est-à-dire de ceux qui sont encore saints d’esprit, afin qu’il ne le restent pas, drôle de conception de la souffrance et de la santé…Il est vrai que la mythologie chrétienne, et catholique en particulier, ne cesse de prôner l’extase dans la souffrance. ]
* Régulièrement, ce travail missionnaire traduit le besoin d'implantation d'assemblées locales. Ainsi, depuis 1999, plusieurs assemblées ont déjà été implantées.
Des églises de maison sont également mises en place dans toute la France.
DEFENSE DE L'EVANGILE
(Jude chap. 1 v 3) * Dans 2 Corinthiens 4 : 2- Paul dit que nous ne devons pas falsifier la Parole de Dieu. Aujourd'hui le message de la croix est occulté, falsifié. Beaucoup de prédicateurs ne prêchent plus sur la Sanctification, la Crainte de Dieu. A la place des doctrines étrangères séduisent beaucoup de chrétiens.
* Nous devons prêcher ces vérités bibliques quelles que soient les épreuves : la sanctification, la crainte de Dieu, le salut par la foi, le sacrifice de Jésus-Christ sur la Croix pour notre rédemption,
[ Damned ! On n’enseigne plus aux petits garçons que, s’ils se tripotent le zizi, ils iront brûler en Enfer ! Et en plus, des nombreux chrétiens se mettent au yoga ! Quant à JC, mort sur le croix (paraît-il mais cela semble de plus en plus fantaisiste aux yeux de nombreux historiens), on ne lui a rien demandé…]
la conversion et le salut individuel, la grande commission de prêcher l'Evangile à tout homme, les événements de la fin (l'apostasie, la Grande Tribulation, l'Enlèvement, le Ciel en tant que lieu précis, l'enfer en tant que jugement des méchants, le Royaume en tant que retour littéral de Jésus-Christ sur la terre, etc.),
[ Le bouquet final : l’apostasie semble au contraire le réveil nécessaire qui permettra à l’homme de devenir adulte et de penser debout, par lui-même…Quant au Paradis et à l’Enfer, « jugements des méchants » (notons le niveau d’argumentation), ils ne figurent toujours pas sur mappy.com. ]
pour établir la Justice, le rôle d'Israël en tant que Nation, le Millénium en tant que règne de Christ avec l'Eglise, non pas de Christ au travers de l'Eglise, l'Eglise en tant que Corps de Christ, déjà unie, une avec Christ, appelée à témoigner, à persévérer et, s'il le faut, à souffrir et à mourir. Eglise toujours haïe et rejetée, mais finalement triomphante dans sa fidélité à Christ, l'espérance chrétienne est le retour personnel de Jésus-Christ en gloire. Notre héritage est en Lui seul.
[ «…toujours haïe et rejetée », on se demande bien pourquoi…quant à la suite, ultime bouffée délirante de l’auteur, « retour personnel de JC en gloire », étrange pour une doctrine qui prône l’humilité et l’oubli de soi…]
ACTION SOCIALE
L'ANJC intervient également dans le domaine social avec la création d'une oeuvre caritative chrétienne pour les nations, nommée « LE PAIN QUOTIDIEN » afin d'agir pour les populations désoeuvrées de France et du Monde entier.
Cela répond ainsi à la requête exprimée dans Matthieu 25 : 35 à 36. car depuis de nombreuses années, le monde est touché par plusieurs problèmes : la pauvreté, la famine, les orphelins délaissés suite aux conflits de guerre.
Les chiffres sont alarmants et pourtant rien ne semble avancer. Comme dans la parabole du bon Samaritain, certains chrétiens sont insensibles et l'homme d'aujourd'hui ne se soucie que de lui-même.
[ Bien sûr, l’homme d’aujourd’hui, déchristianisé, est forcément un gros porc égoïste…]
Sans oublier que plus d'1.2 milliard de personnes vivent avec moins de 1 euro par jours. Suite à ce constat une action sociale est mise en place
Les actions sociales et humanitaires sont:
• Une banque alimentaire et dons de vêtements. C'est pourquoi nous collectons également des vêtements en bon état et des denrées alimentaires pour les redistribuer.
• La création d'ONG, d'orphelinats chrétiens, d'écoles et d'hôpitaux dans les régions défavorisées du Tiers-Monde. Le premier orphelinat a vu le jour au Congo RDC.
• Et toutes sortes d'actions pour lutter contre la famine »
Gageons que toutes ces bonnes actions, « pour lutter contre la famine », ont avant tout pour but d’évangéliser, d’endoctriner, de dresser…à l’instar de leur star, « Sainte » Mère Teresa, qui avec les moyens alloués pour les soins des lépreux d’Inde, ouvrait des monastères…
12:03 Lien permanent | Commentaires (10) | Envoyer cette note | Tags : religion, société, athéisme




Commentaires
si tu n'es pas croyant, inutile d'insulter les chrétiens !!
pour ton info, tout le monde à le droit de croire ce qu'il veut , c'est cà la tolérance, mais toi tu n'es qu'un con athé et fier de l'etre, consternant !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!
Ecrit par : milice | 21.05.2008
"tout le monde à le droit de croire ce qu'il veut , c'est cà la tolérance" mais je suis un "con athé et fier de l'etre"...
Je n'insulte pas les chrétiens mais les malades intégristes, mais peux-tu saisir la nuance?
Consternant, en effet...
Ecrit par : Robert | 21.05.2008
Sur ce point je suis complètement d'accord avec Robert. Les évangélistes chrétiens ne sont que des sectaires et des ignorants. Le devoir de tout véritable chrétien (je me demande encore s'il en reste) serait de condamner ce genre de mouvement qui décridibilise complètement le christiannisme.
Au sujet du prosélytisme et des conversions, voici un texte de René Guénon que j'ai déjà mis en ligne sur le blog Dhu-l-Qarnayn :
" [la conversion] désigne uniquement le passage extérieure d'une forme traditionnelle à une autre, quelles que soient les raisons par lesquelles il a pu être déterminé, raisons toutes contingentes le plus souvent, parfois même dépourvues de toute importance réelle, et qui en tout cas n'ont rien à voir avec la pure spiritualité. Bien qu'il puisse sans doute y avoir quelquefois des conversions plus ou moins spontanées, du moins en apparence, elles sont le plus habituellement une conséquence du "prosélytisme" religieux, et il va de soi que toutes les objections qu'on peut formuler contre la valeur de celui-ci s'appliquent également à ses résultats ; en somme, le "convertisseur" et le "converti" font preuve d'une même incompréhension du sens profond de leurs traditions, et leurs attitudes respectivent montrent trop manifestement que leur horizon intellectuel est pareillement borné au point de vue de l'exotérisme le plus exclusif. Au fond, il n' y a de conversion réellement légitime en principe que celle qui consiste dans l'adhésion à une tradition, quelle qu'elle soit d'ailleurs, de la part de quelqu'un qui était précédemment dépourvu de toute attache traditionnelle. " ("Initiation et réalisation spirituelle", chap. XII)
Le prosélytisme et les conversions qu'il suscite ne font que rajouter encore davantage au chaos actuel.
Ecrit par : Ikkyu | 21.05.2008
Bonjour Ikkyu,
En effet, à mon sens, les vrais chrétiens (soit les chrétiens modérés, tolérants et non les malades mentaux dont je parle ici) devraient s'opposer à ces pratiques extrémistes. Et comme vous le dites très bien, ce sont des ignorants qui vivent en vase clos et voudraient voir le monde se plier à leur fantasmes et sombrer dans le même abîme. Bref, ils sont dangereux, bien plus qu’une secte, car ces fous furieux ont une vision universaliste, alors que les sectes n’en ont pas.
Par contre, vous savez ce que je pense de René Guenon, et surtout du fait de sans cesse se référer à un auteur comme s’il détenait la Vérité. Cela dit, j’approuve sa vision des choses dans laquelle il rejette le prosélytisme et prône une conversion volontaire en connaissance de cause. C’est la seule position admissible pour un athée comme moi, et la seule qui respecte les gens et les considère comme des adultes, et non comme des brebis égarées.
Ecrit par : Robert | 22.05.2008
c'est beau un poete !!!!
mon dieu (ah non c'est vrai tu es un A T) comme c'est beau !!
encore !! encore !! l'ignare !! tu nous fait rire !!
Ecrit par : milice | 22.05.2008
Il est vrai que je me réfère souvent à René Guénon. On peut considérer cela comme une limitation, mais c'est méconnaître la portée de son oeuvre. C'est lui qui a forgé toute ma pensée ; il y a en cela rien d'extraordinaire, nous sommes tous le produit des influences que l'on reçoit. Penser par soi-même ne veut rien dire, car tout ce que nous exprimons n'est que la "digestion" de notions ingérées en amont. Il arrive souvent que ces notions procèdent d'une mentalité ambiante, que l'on ingère inconsciemment. De là l'erreur de croire que l'on emet des idées originales, qui nous sont propres, alors que nous ne faisons que reflèter les influences qui nous entourent. Seulement dans mon cas, ces influences, je les ai premièrement identifiées, puis choisies à travers Guénon. Il y a en cela rien d'anormal ; je fonctionne comme vous.
Simplement, je reconnais l'influence qui m'inspire. Car toute expression procède d'une inspiration n'est ce pas ?
Je ne suis pas à moi-même mon propre principe, je ne suis qu'une résultante, un aboutissement. Et c'est peut-être en cela que réside l'erreur artistique du monde moderne. En tuant le sacré, il s'est détourné de la plus haute inspiration pour l'homme. Depuis, la création s'est appauvrie jusqu'à l'état extrème que constitue de nos jours l'art contemporain. Si l'on voulait résumer l'histoire des arts depuis la Renaissance, on pourrait parler d'une chute, le "génie" constituant seulement la libération d'une énergie potentielle impliquée par ce mouvement. Au fur et à mesure de cette chute nous consommons de cette énergie potentielle jusqu' à épuisement complet. Nous sommes tombés aujourd'hui au plus profond de la subconscience humaine qui n'est que folie pure. Car l'art actuel est pur déséquilibre des formes et peut même présenter, à ce titre, quelques dangers pour le psychisme humain ...
Ecrit par : Ikkyu | 22.05.2008
Pauvre Milice...il a essayé de faire de l'esprit...c'est triste...
Va jouer ailleurs...
Ecrit par : Robert | 23.05.2008
Tout-à-fait d’accord avec vous, on ne pense jamais vraiment pas soi-même, vous le dites très bien, on digère différentes influences, des pensées lues ou entendues…Cela dit, lorsque je dis que l’Homme doit penser par lui-même, j’entends qu’il doit choisir lui-même les pensées desquelles il va se nourrir, et faire sa propre synthèse et non pas, comme le voudrait la religion (du moins d’un point de vue intégriste), adopter un corpus tout fait, que l’on doit avaler tel quel, dans son entièreté, sans rien pouvoir discuter.
Je préfère pour ma part m’en référer à Nietzsche, Schopenhauer ou encore au Marquis de Sade voire même à Michel Onfray, aussi facile et critiquable que soit sa prose, et tenter à mon tour de faire ma propre soupe.
Quant à l’appauvrissement de la création depuis la Renaissance, c’est un point de vue que je ne partage pas, du moins pas entièrement, mais que je comprends très bien. Il est vrai qu’après une telle effervescence et de tels génies, la suite peut sembler assez pauvre, mais je ne suis pas convaincu que ce phénomène soit dû à la fin du sacré. Justement, la fin du sacré a permis l’éclosion d’œuvres beaucoup moins convenues, plus libres, dans la littérature ( Camus, Aragon, Prévert…), comme dans la peinture ( Dali, Bacon…), ou le cinéma avec Luis Buñuel et le groupe des surréalistes en général.
Je ne suis pas non plus fan d’art contemporain mais il ne faut pas le condamner comme un seul bloc, il propose parfois des choses très intéressantes, assez déstabilisantes, qui jouent avec les références et les codes habituels, c’est justement là que réside l’intérêt.
Bref, c’est une perte (et encore, je n’en suis pas convaincu du tout) pour un gain. On pourrait aussi objecter que le sens du sacré se déplace vers la techno-science qui véhicule de plus en plus d’espoirs (ce qui a donné à des courants artistiques, comme le futurisme italien) ou alors vers des valeurs matérialistes et triviales comme la mode, la consommation, MTv…
Ecrit par : Robert | 23.05.2008
En fait j'inclus la Renaissance dans cette chute, elle constitue la première déviation. Car il faut faire la différence entre art sacré et art profane à sujet religieux. L'art de la Renaissance était certes religieux mais il n'était plus sacré depuis quelque temps déjà. Sa forme est profane et le sujet religieux lui est en quelque sorte surajouté. Car l'art de la Renaissance c'est avant-tout une étude naturaliste du monde, puis dans un second temps, un théme religieux servant de pretexte et même d'alibi.
Tout art sacré véritable se fonde sur une science des formes, ou autrement dit, sur le symbolisme inhérent aux formes. Il est donc indiscociable de la géométrie et des doctrines traditionnelles qui l'accompagne. L'art sacré représente moins la nature, que des archétypes idéaux, c'est la représentation même des Idées platonniciennes. L'art sacré se place donc en amont du monde sensible, toute forme naturelle n'est qu'accident.
Dans le domaine de la peinture, vouloir recréer un monde en trois dimensions (support, qui lui, n'en compte que deux) c'est un non-sens.
D'un point de vue islamique, l'art consiste à façonner les objets (ou les matériaux) conformément à leur nature, qui, elle, contient virtuellement la beauté, parce qu'elle procède de Dieu ; on n'a qu'à dégager cette beauté, la rendre évidente. Selon cette conception, l'art n'est qu'une méthode d'ennoblir la matière. Il faut polir le "miroir" pour que se rèlève la Face de Dieu en toute chose. L'art islamique se conforme donc aux lois inhérentes à l'objet qu'il traite. De ce point vue, la meilleure façon de traiter une surface plane est de respecter ses deux dimensions, et de les mettre en valeur par un jeu d'arabesque ou de rosaces géométriques.
" Comme la rupture d'un barrage, la Renaissance produit une cascade de puissances créatives ; les différents degrés de cette cascade, ce sont les niveaux psychiques ; vers le bas, la cascade s'élargit et perd en même temps d'unité et de vigeur. " (Titus Burckhardt)
Chaque rupture occasionnée par " l'avant-garde " marque la chute d'un degré de cette cascade, et on descend d'un niveau psychique. Cette rupture libère une énergie potentielle (c'est une loi physique qui correspond aussi à une réalité psychique) qui va alimenter pendant un certain temps un mouvement artistique puis va s'essouffler jusqu'à une nouvelle rupture. C'est véritablement un phénomène de dépression ; qui nous mêne jusqu'à la folie, ce qu'est le surréalisme, qui emprunte au passage à la psychanalyse tout un langage, un nouveau symbolisme naît, mais un symbolisme qui parodie ce que pouvait être les symboles traditionnels. L'art moderne est une subversion de l'art sacré !
" Natura non facit saltus, mais l'esprit humain, lui, "fait des sauts " ; entre la civilisation médiévale, centrée sur les Mystères divins, et celle de la Renaissance, centrée sur l'homme idéal, il y a une césure profonde, malgré la continuité historique. Au XIXème siècle, une autre césure se produira, peut-être encore plus radicale : jusque là, l'homme et le monde qui l'entourait formaient encore, du moins pratiquemment et dans le domaine de l'art qui nous intéresse ici, un ensemble organique ; des découvertes scientifiques, il est vrai, reculaient sans cesse l'horizon de ce monde, mais les formes courantes de la vie restaient "à la mesure de l'homme", c'est à dire à la mesure de ses besoins psychiques et physiques immédiats. Or, ceci était une condition foncière de l'art, qui résulte d'un accord spontané entre l'esprit et la main. Avec la civilisation industrielle, cette unité organique se brise ; l'homme se trouve en face, non pas de la nature maternelle, mais de la matière morte, d'une matière usurpant, sous la forme de mécanismes toujours plus autonomes, les lois même de la pensée. Ainsi l'homme, qui s'était détourné de la réalité immuable de l'esprit, de la "raison" au sens antique et médiéval de ce terme, voit se dresser contre lui sa propre création comme une "raison" extérieure, hostile, celle-ci, à tout ce l'âme et la nature ont de généreux, de noble et de sacré. Et l'homme s'est soumis à cette situation avec toute sa nouvelle science de l'"économie", moyennant laquelle il espère en rester le maître, il ne fait que confirmer et achever sa dépendance à l'égard de la machine. Celle-ci est comme la caricature de l'acte créateur, par lequel un archétype supra-formel se reflète en de multiples formes analogues mais jamais égales : la machine produit une indéfinité de copies strictement uniformes. De ce fait, l'art est arraché à sa terre nourricière ; il n'est plus le complément spontané du travail artisanal ni l'expression naturelle d'une vie sociale, mais il est refoulé sur un terrain purement subjectif. Quant à l'artiste, il n'est même plus, comme à l'époque de la Renaissance, une sorte de philosophe ou de démiurge : il n'est qu'un chercheur solitaire sans principe et sans but, à moins d'être le médium ou le bouffon de son public. "
Titus Burckhardt, "Principes et Méthodes de l'art sacré", chap. 8.
Excusez-moi pour la longueur du texte, mais ce chapitre est fondamental si l'on veut comprendre l'histoire de l'art occidental. Je renvois souvent à cet auteur pour tout ce qui touche au domaine artistique. Vous remarquerez, à l'occasion, que je peux citer d'autres auteurs que René Guénon !
Ecrit par : Ikkyu | 23.05.2008
Je viens de parcourir votre réponse, et je vois déjà quelques éléments qui m'ont un peu interpellé mais je prendrai la peine de vous répondre à mon retour de vacances, tout comme à votre autre commentaire, le 09 ou 10/06.
Ecrit par : Robert | 26.05.2008
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